lundi 13 mai 2013

Iessentouki


Iessentouki est une des villes de la Région des Eaux Minérales, située à 20 km à l’Ouest de Pyatigorsk. Le long de la rivière Podkoumok, cette paisible ville de 100 000 habitants s’épanouit grâce au tourisme thermal.


statue en hommage aux cosaques
Comme pour toutes les villes de la région, l’histoire d’Iessentouki commence à la fin du XVIIIe siècle. En 1798, une petite forteresse est construite et les cosaques s’installent à cet endroit, dans la stanitsa (village cosaque) Iessentukskaya, dans la première moitié du XIXe siècle. L’étymologie du nom de la ville proviendrait d’un ancien seigneur caucasien local ou bien du nom d’une plante qui pousse le long des cours d’eau. La ville perd très vite son intérêt militaire et le thermalisme se développe, surtout après l’arrivée de la ligne ferroviaire reliant la région à Rostov sur le Don en 1875. Les équipements sont passablement endommagés lors de  la Seconde Guerre Mondiale mais la restauration est faîte dès la fin des années 1940. A l’heure actuelle, pratiquement toute la ville est tournée vers ce secteur économique et de nouveaux bâtiments touristiques sont en cours de construction. 



Saint Penteleïmon,
patron des médecins
L’établissement thermal le plus imposant est sans aucun doute celui des soins à base de boue du lac Tambukan. Construit en 1915 dans un style rappelant la Grèce Antique, il est sous la protection des statues d’Asclépios, dieu de la médecine et d’Hygie, fille d’Asclépios et déesse de la santé et de l’hygiène. Les références à la santé sont omniprésentes dans la ville et même dans les églises orthodoxes avec quelques icones de Saint Penteleïmon, martyr et médecin à la cour de l'empreur romain Maximien et patron des médecins et de Saint Feodosii du Caucase (1841-1948), un saint local lié également à la santé. 




Une buvette d'eau minérale 
pour les curistes
l'établissement des bains de boue
  Semashko 
Cette omniprésence des établissements thermaux fait d’Iessentouki une ville très calme où il est agréable de se promener. Les curistes se dirigent aux nombreuses sources situées un peu partout aux heures fixées par les médecins afin de boire un peu d’eau minérale ou bien déambulent avec les locaux dans le parc pour se relaxer ou bien pour acheter quelques souvenirs. Différentes maladies sont soignées ici comme par exemple celle liés à l'appareil digestif. Parmi les nombreux établissements, certains appartiennent à des syndicats de travail,  à certaines régions ou bien à l’Etat, vestiges bien vivants de l’époque communiste. Le marché de la ville est un endroit quant à lui très actif et montre la diversité de la population de la ville. Même si la majorité des habitants est russe et cosaque, 10 autres peuples sont présents, surtout des grecs et des arméniens.
le "bièroduc"


Petite curiosité pour les amateurs de bière, une petite brasserie produit la bière locale Iessentukskoe et un petit « bièroduc » traverse une des rues de la ville pour rejoindre l’endroit de dégustation.


Nikolaï Potaenko (Professeur à la faculté de Français), Benjamin Imhoff

dimanche 28 avril 2013

Le parc de Kislovodsk


            Kislovodsk est la deuxième ville de la Région des Eaux Minérales du Caucase du Nord après Pyatigorsk avec environ 130 000 habitants. Située sur un ancien embranchement de la Route de la soie, la région passe sous le contrôle des russes à la fin du XVIIIe siècle. Une forteresse y est d’abord construite puis, grâce à la présence de nombreuses sources d’eau minérale, Kislovodsk devint un centre thermal au XIXe siècle et un des plus grands parcs d’Europe y fut construit à partir de 1823.


l'Elbrouz et Kislovodsk vus de la "Petite selle" en haut du parc de Kislovdsk
            Le parc de Kislovodsk est un des endroits préférés des habitants de la Région des Eaux Minérales. Le week-end, par beau temps, le train de banlieue reliant Mineralnye Vody au nord de la région jusqu’à Kislovodsk au sud est bondé de locaux et de curistes se rendant au parc. Après avoir traversé une petite forêt de grands-mères louant leur appartement et de chauffeurs de taxi à la sortie de la gare, une ruelle commerçante permet d’accéder à l’entrée du parc. La pierre jaune des bâtiments reflète bien le micro climat de Kislovodsk, avec plus de 300 jours d’ensoleillement par an et des températures agréables.
la galerie Narzan et ses eaux minérales

Le parc commence par la galerie Narzan où l’on peut déguster les eaux minérales et par un petit marché aux tableaux des artistes locaux. En se promenant dans cette première partie du parc, près de la rivière, il est possible d’acheter quelques produits artisanaux  dans une ambiance quelque peu folklorique (chants russes, photographies en costume caucasien…). Un bas-relief de Lénine, une statue d'un poème de Lermontov rappellent l’histoire de la région.

la vallée des roses
Et puis le parc commence à grimper sur des sentiers de différentes difficultés, balisés afin de renseigner les curistes (surtout ceux venus ici pour des problèmes cardio-vasculaires). En plus de quelques cafés qui permettent de faire une pause bien méritée, l’endroit le plus attractif reste la vallée des roses, où comme son nom l’indique y sont plantées ces fleurs. Les nombreux sentiers satisfont aussi les amoureux de la nature où de nombreuses espèces d’oiseaux et d’arbres se côtoient, même si la superficie du parc a diminué, en passant de 1380 ha en 1989 à 948 ha actuellement pour laisser place à de nouvelles constructions. Les visiteurs aiment acheter des graines afin de nourrir les écureuils, qui ne sont pas très farouches et habitués à se goinfrer.

La Karatchaïevo-Tcherkessie vue
de la "Grande selle"
En grimpant toujours plus haut, à l’aide d’un téléphérique ou bien à pieds pour les plus courageux, il devient possible d’admirer les alentours. Et pour les plus sportifs, le parc se perd par la suite dans les monts de la petite selle et de la grande selle. En haut de ce dernier (1000m d’altitude), un impressionnant panorama permet d’apercevoir la chaîne principale du Caucase et notamment l’Elbrouz en république de Kabardino-Balkarie et la république de Karatchaïevo-Tcherkessie.

                                                                                                              B. Imhoff

dimanche 31 mars 2013

Evénement "Mon premier voyage en Russie" organisé par le blog russie.fr

Cet article participe à l’événement inter-blogueurs « Bloguer Russie » organisé par le blog « Russie.fr ».Vous trouverez ici la présentation de l’événement pour cette première édition : « Mon premier voyage en Russie » ou « Mon premier voyage en France ». (Cliquez sur les liens pour accéder au blog et à l'événement)




            Voilà maintenant 19 mois que je vis en Russie, à Pyatigorsk, dans le Caucase du Nord et que j’y travaille comme assistant de français à l’université linguistique de cette ville de 140 000 habitants. Je me souviens très bien de mes premiers jours ici et du regard que j’ai porté sur ce pays. Cela faisait déjà  quelques années que je m'intéresse à la Russie, tout ça à cause de mon nom de famille en -off (Imhoff), germanique mais russe pour les gens car en -off et de quelques rencontres! L'idée de venir en Russie pour travailler m'est venue après un voyage aux USA. En effet, j'avais décidé de voyager l'été après la fin de mes études en 2010 et je suis resté presque deux mois au pays de l'oncle Sam. Mon oncle étant professeur de Français dans une université, j'ai participé aux cours d'été et ça m'a bien plu! Alors en rentrant en France sans avoir calmé ma soif de voyage, j'ai pris la décision de tout faire pour venir enseigner en Russie, ce pays que je voyais comme un ensemble d'immeubles géométriques délabrés mais aussi comme un espace vaste et sans limites sous la neige et le froid. Enfin.... nos stéréotypes français quoi! Ce qui m'intéressait n'était pas le tourisme parce que j'avais compris aux USA que seule l'immersion totale permet de comprendre les choses.


  •              Première nuit à Moscou

Après un vol à départ de Francfort (c’est plus commode quand on habite dans l’est de la France), je suis arrivé le premier dimanche de septembre 2011, le soir, à Moscou. L’aéroport, Sheremetyevo, était très moderne, trop moderne par rapport à l’image que j’avais de ce pays je dirai, et les douaniers étaient aussi froids que leur climat. Des amis moscovites que j’avais connus sur Internet puis en Allemagne étaient venus me chercher pour me loger la nuit. Pendant le trajet vers leur appartement dans la banlieue de Moscou, j’ai été surpris par la densité du trafic sur l’autoroute et le nombre d’accidents rencontrés en 1 heure. Et aussi par le fait qu’on laissait l’accident en l’état ce qui créait forcément des bouchons. Sans ceinture de sécurité, doublant par la droite, avec une omniprésence de la police de la route, la conduite russe me donnait  l’impression d’être un jeu dangereux pour un Français éduqué dans nos strictes règles de sécurité routière. Les voitures assez vieilles ou mal entretenues contrastent déjà un peu avec l’aéroport. Un autre voyage à Moscou confirmera cette idée, que plus on s’éloigne de l’aéroport, plus on entre en Russie. Après un repas généreux, j’ai été surpris que les parents me laissent seul avec mon amie pour aller dormir dans la famille. L’appartement était en travaux et ils ont préféré me laisser le canapé tandis qu’une travailleuse ukrainienne dormait dans la chambre en travaux. Je me sentais un peu gêné de cette hospitalité. 


  • Bienvenue dans le Caucase!

Le lendemain, les parents m’ont emmené à l’aéroport de Vnukovo. L’aéroport était tout neuf mais presque totalement vide. J’avais une petite appréhension car l’avion devait être un Yakovlev et sans doute un peu victime de l’idée que les avions russes n’étaient pas fiables, j’étais un peu angoissé et à la fois excité par cette aventure. Mais heureusement ou malheureusement, nous avons embarqué sur un Airbus.

L’avion a commencé à descendre sur Mineralnye Vody et j’ai commencé à être très enthousiaste ! L’aventure dans le Caucase commençait enfin ! Les Français ignorent ou ont peur de ce Caucase, que l’on connait surtout grâce à la guerre de Tchétchénie. J’avais fait le minimum de recherches sur ma destination pour me donner cette impression de sauter dans le vide sans savoir sur quoi j’allais tomber. Sur la piste, le contraste était saisissant avec Moscou. C’est très petit, de vieux engins s’activaient sur la piste. Le terminal d’arrivée était composé d’un petit couloir entre deux pièces avec des tapis roulants. Personne ne semblait parler anglais et les chauffeurs de taxis indépendants s’activaient à la sortie pour trouver des clients. Une femme de l’Université m’attendait dehors avec une petite affiche « Benjamin Imhoff ». Il faisait terriblement chaud ! Le minibus de l’université nous conduisit à Pyatigorsk.  A ma grande surprise, un McDonalds se tenait juste en face du bâtiment principal de l’Université ! Jusqu’au fin fond de la Russie, Ronald était là ! Un gardien et des « babushkas » contrôlaient l’entrée du foyer en regardant la télé, on me montra ma chambre, toute neuve. Finalement, j’y étais ! Après une année d’attente au chaud en Master de sociologie, j’ai finalement eu ce poste en Russie ! Tout est parfait sauf la fenêtre, mal isolée, qui offre une splendide vue sur les poubelles.


  • Une ville "cliché" de l'URSS... mais pas trop

Pyatigorsk, ville "made in URSS"
Et puis a commencé mon entrée dans ce monde universitaire bien particulier. Au service des étrangers, en commençant les procédures administratives et on me présenta un jeune prof de français de 26 ans, Oleg, un ossète (j'en ai profité pour apprendre ce mot) qui devait s’occuper de moi. Deuxième jour à Pyatigorsk. Examens médicaux à la polyclinique, vieille et moderne à la fois, très simplifiés, du genre : « Avez-vous mal parfois à l’estomac ? Non, très bien, je mets le tampon sur la feuille ». Quelques tampons plus tard, je fis encore des examens sanguins et me retrouvai en compagnie de travailleurs migrants venus d’Asie centrale, qui semblaient très pauvres et pas très aimés de la population locale comme me le fit remarquer Oleg. Il faisait toujours aussi beau et chaud. Je me sentais dans une vraie ville « made in URSS ». Les immeubles sans style, dont les parties communes me semblaient pourries mais les appartements chaleureux, les Ladas étaient partout et un vieux tramway circulait lentement sous le contrôle d’une grande statue de Lénine. Dans la rue et à la faculté, je compris assez vite qu’on était loin du stéréotype des blonds sibériens et que le Caucase était multiethnique et c’était vraiment un choc pour moi d’apprendre l’existence de tous ces peuples, même si la majorité restait russe. Je fus également surpris par l’élégance des femmes, qui ne sortent jamais sans un quota minimum de maquillage et sans une tenue les mettant en valeur. Et il faut bien avouer que c’est fort appréciable et chaque occidental qui est venu ici vous le confirmera, ainsi qui les règles très strictes encadrant les relations. Dans la rue, personne ne comprenait le français alors avec mon acolyte ossète, on a eu une liberté totale de parole…. Et c’était super!
Lénine surveillant la cité


  • Un étranger dans la rue qui veut tout faire, tout voir
La fac de français m’a aussi réservé quelques surprises. Située à 30 minutes du bâtiment principal, j’ai vraiment été  formidablement accueilli. Et cela va continuer les jours suivants, où je vais comprendre qu’un Occidental était quelqu'un d’assez rare et précieux dans la région. Merci l’impérialisme culturel !! On voulait me parler, m’inviter et c’était formidable! Dans les magasins, au marché, on demandait souvent quelle était ma nationalité. Je suis un plein roman de L. F. Céline, quand dans « Voyage au bout de la nuit », il dit que cette phrase qui correspond tout à fait à mes premières impressions : « C’est bon les villes inconnues : c’est le moment et l’endroit où on peut supposer que tous les gens qu’on rencontre sont tous gentils. C’est le moment du rêve ». A cette époque, j’étais dans une sorte de naïveté, une méconnaissance de tous les problèmes qu’il pouvait y avoir. Mais les choses ont bien changé maintenant!

Le Jour de la ville
J’ai continué à découvrir la ville sous cet automne ensoleillé et chaud. Quand on me fit visiter la ville, je me suis senti totalement stupide de ne pas connaître Lermontov, ce poète mort dans cette ville et dont ils sont si fiers. Et je dévorais avec plaisir les kilomètres pour découvrir mon nouveau terrain de jeu, les montagnes, avec mes premiers amis et étudiants, voulant tout savoir, tout voir et tout manger, notamment lors du "Jour de la ville"organisé le premier weekend après mon arrivée, où les différentes communautés avaient un stand présentant leur culture et leur gastronomie. Je compris assez vite les problèmes sociaux en voyant des personnes pauvres et cet écart de richesse grâce aux voitures (voir rouler côte à côte des vieilles voitures et des Mercedes, Porsche dernier cri), aux habits, comme s’il y avait deux Russies. 
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  • On est bien à la fac
La faculté devint un endroit de plaisir pour moi avec cette ambiance maison, cette proximité avec les étudiants. Cela n’était pas possible dans les facultés françaises avec leurs amphithéâtres surchargés. Ici, mes groupes étaient composés au maximum de 10 étudiants. Et la France fait rêver !!! C’est une impression étrange de vivre dans un pays qui n’intéresse pas mes compatriotes en général, si ce n’est pour s’acharner sur Poutine ou pour quelques blagues alors qu’au final, les gens ici adorent la France pour sa culture et l’idée qu’on y vit bien. 

Peut-être pour finir, la chose qui m’a le plus marquée au début, c’est la proportion des jeunes filles à penser au mariage et à la vie de couple sérieuse! Combien de fois on m’a demandé si j’étais déjà marié, avec des enfants, en couple et surtout si j’étais venu ici pour chercher ma bien-aimée ! Un peu surpris par la vitesse à laquelle on peut parfois se marier ici, en quelques mois, je répondais timidement : « je ne sais pas, on verra… ». Un contraste tout à fait saisissant avec la vie étudiante française !!


B. Imhoff


dimanche 24 mars 2013

Le mariage circassien

Cette semaine, nous vous proposons de s'intéresser aux traditions du mariage circassien, ou adyguéen. Les circassiens, (ou encore tcherkesses, kabardes...) dominaient la région avant l'arrivée russe.

1 Le mariage traditionnel

costumes traditionnels
            Le mariage est l’un des événements  les plus importants dans la vie des Circassiens. Il commence par l’amour mutuel d’un jeune couple et est toujours réalisé avec l’approbation des personnages importants des deux familles. Ainsi était-il, ainsi est-il maintenant.
            Le mariage circassien est une cérémonie très belle et instructive. La célébration est organisée selon l’ « Adyge Hàbze », vision adyguéenne de l’étiquette. Le mariage traditionnel des Circassiens est une structure complexe:
        la recherche en mariage
       “observation de la maison”
         enregistrement du mariage
         voyage pour la rançon
          arrivée de la fiancée
           la fiancée dans “une étrange maison”
          entrée de la fiancée  dans “la grande maison”

La recherche en mariage (лъыхъу)
            Tout commence par la connaissance des jeunes. D’habitude cela arrive lors des jours de fêtes ou lors des mariages. Le garçon et la fille essayent d’apprendre des informations l’un sur l’autre et tombent amoureux. Après ils échangent de petits cadeaux mais le marié n’ose pas parler du mariage. Mais le dernier mot est pour la fille, qui après avoir attendu un certain temps, fait comprendre à son bien-aimé qu’il est temps d’envoyer des marieurs.
            En conformité avec le Hàbze, à la date fixée, les marieurs viennent à la maison de la future fiancée, mais ils ne vont pas à l’intérieur. Un vieil homme va à la rencontre des invités. Il peut être l’oncle de la fiancée ou d’un frère, mais pas le père. Le marieur âgé le salue de la main, pose des questions sur sa santé. Après il dit : « Nous sommes arrivés avec grand désir d’être vos invités et vos parents”. Après la rencontre, on retourne à la maison et on informe la famille de cela. D’habitude on donne une réponse vague : « Nous allons y réfléchir, revenez un autre jour » ou « le Chef de la famille »  n’est pas à la maison. A la troisième visite, la famille de la fiancée a du prendre une décision. Si la famille a donné son consentement, les invités s’installent.

Observation de la maison (унапъэ)
            Cette coutume sert à rassurer la famille de la fiancée, qui doit être sûre, que leur fille ne manquera de rien. Les parents confient cette mission à deux-trois hommes respectables. Si après l’observation de la maison ils partent sans dire au revoir, le fiancé doit comprendre qu’il ne se mariera pas. Si, au contraire, l’observateur serre la main du fiancé avant de partir et dit au revoir, on le réinvite à la maison pour une fête.

Enregistrement du mariage (нэчыхьытх)
Une des étapes du mariage
            Depuis le XIXe siècle, la plupart des Circassiens sont musulmans. La religion a une influence sur certaines des traditions, comme par exemple pour la légalisation et l’enregistrement du mariage. Le “Mariage musulman ” a tout de même évolué, en raison de l’influence de l’Hàbze, qui est toujours dominant par rapport à la religion. Contrairement au mariage musulman, lors du mariage circassien, les fiancés se marient par procuration Deuxièmement, la cérémonie se fait debout et troisièmement, il y a plusieurs témoins.

Voyage pour la rançon (уасэlых)
            La rançon (уасэ) est le paiement pour la fiancée. Cette coutume, paraissant aujourd’hui étrange, est assez raisonnable. La rançon était comme une assurance pour les femmes en cas de divorce ou de veuvage. Le versement de la rançon est fêté par les deux familles autour de la table et par des danses

Arrivée de la fiancée (нысашэ)
Le cortège du mariage
            Le jour de l’arrivée de la fiancée on accueille le cortège du mariage.  Il est accompagné par des cavaliers, qui, pendant le voyage, démontrent leur habileté, leur courage au rythme de quelques chants (джигитовка). Lorsque le cortège arrive à la maison de la fiancée, il est accueilli selon un code d’hospitalité et on porte deux ou trois toasts. Alors le rituel au cours duquel la fiancée quitte la maison commence. Un des cavaliers entre dans la maison où il y a la fiancée, entourée par des femmes, et touche le bord de sa robe. Puis, accompagné par les femmes, la fiancée quitte la maison. Au moment de partir, la fiancée ne doit pas regarder ou trébucher. C’est considéré comme un mauvais présage. La fiancée est assise dans un chariot. La famille remet un drapeau rouge aux cavaliers qui symbolise une jeune fille pure, l’innocence et les bonnes manières. Désormais sa sécurité et son honneur sont entre les mains des cavaliers.

La fiancée dans “une étrange maison” (тешэ)
            Autrefois les Circassiens observait cette coutume assez  strictement. Avant d’amener la fiancée à la maison des parents du marié, elle a été placée dans “une étrange maison”. Cela ne pouvait généralement être la maison de l'oncle du marié. Quand la mariée a été portée à la «maison étrange », elle était accompagnée par les enfants, les musiciens jouaient de leurs instruments nationaux. La mariée était dans une «maison étrange » deux ou même plusieurs semaines. Elle visitait régulièrement les parents du jeunes marié, ses amis, ses camarades. Cette habze existe aujourd'hui. La «maison étrange» de la fiancée non seulement divertit et est pour une sorte de test.

Entrée la fiancée dans  “la grande maison” (унэишэ)
            La plus importante et belle cérémonie adyguéenne du mariage est l’entrée de la fiancée  dans  « la grande maison ». De nombreux parents et amis sont invités.
            On s’arrête dans la cour brièvement  et on y organise quelques danses. Puis le chant reprend. Avant d'entrer dans la «grande maison», une pluie de jeunes noix, bonbons, pièces de monnaie, est ramassée par les enfants. Dans la "grande maison", la mariée a rencontré des femmes plus âgées à table. Une des femmes a levé le voile de la mariée, les femmes âgées et les jeunes femmes mariées sont venues vers elle, l’ont félicitée et embrassée. Mais elle est encore une jeune mariée, pas embrassée. Quand l’accueil est terminé, la femme qui a enlevé son voile, a ses lèvres barbouillées d’un mélange de beurre et de miel (IурыцIэлъ). La jeune fille doit faire attention: se lécher les lèvres montre une trop grande gourmandise. Pendant ce temps, les jeunes placés dans la cour dansent

2 Le mariage circassien moderne

            Avec ses coutumes et rituels traditionnels, le XXe siècle a apporté des modifications dans les rituels du mariage dans le Caucase du Nord. Il faut par exemple être enregistré au bureau d'enregistrement local et la mariée porte une robe de mariée blanche, qui est devenue très populaire au siècle dernier.
           
Le mariage moderne présente une structure simplifiée:

- recherche en mariage
- arrivée  de la fiancée
- enregistrement du mariage
- célébration au restaurant



robe pourpre avec des éléments en or
             Les danses et certaines des traditions se passent au restaurant. Pour la beauté et la solennité des organisateurs du mariage, on peut inviter des danseurs professionnels en costumes nationaux, embaucher des gens pour accompagner le cortège de mariage. Pour revenir au sujet des robes de mariée, de nombreuses épouses d'aujourd'hui se marient en costume national ou choisissent les deux. Au moment de quitter la maison de la mariée, elle porte une robe blanche de mariée nationale lumière blanche - c'est plutôt un hommage à la mode européenne et occidentale, les anciennes mariées portaient une robe pourpre avec des éléments en or pour l'enregistrement au bureau. Et au restaurant elle porte une robe blanche européenne. Le marié porte habituellement un costume classique, moins nationale.

Diora Uligova (4e année journalisme, faculté des relations internationales)

samedi 16 mars 2013

Le Mont Beshtau



Le Beshtau (1402m) dominant Pyatigorsk


            Le mont Beshtau est une montagne isolée de 1402 m de haut située juste au nord de Pyatgorsk. C’est d’ailleurs cette montagne, signifiant « 5 sommets » en turc, qui a donné son nom à la ville. Cet ancien volcan est composé de différentes roches comme par exemple de marne, de calcaire et de gré plus en altitude. Du minerai d’uranium est également présent et une mine installée dans la ville de Lermontov s’est occupée de son extraction de la fin des années 1950, jusqu’en 1985. L’eau est également une des grandes richesses de cette montagne. Fortement chargée en radon, elle permet d’offrir des soins thermaux dans les villes alentours.

panorama sur la chaîne du Caucase depuis le Beshtau
ou pique-nique en famille?
randonnée en quad
      Ce site dont les vestiges sont encore visibles aujourd’hui et qui permettaient encore récemment à quelques aventuriers d’entrer dans le réseau de galeries sous la montagne a laissé sa place à la détente. Le Beshtau est devenu une zone de randonnée avec un chemin faisant le tour du mont et long d’une bonne dizaine de kilomètres et de nombreux sentiers, du plus simple au plus compliqué se dirigeant vers le sommet et sa station radio ou vers les villes environnantes. Si le bas du mont est très boisé avec de nombreux chênes et hêtres, le sommet est totalement dégarni. Il n’est pas rare de croiser des randonneurs le weekend et les jours fériés, venus profiter de la nature de cet espace protégé et du magnifique panorama qu’offre ce site sur les alentours et la chaîne du Caucase. Les plantes sont assez diversifiées selon l’altitude et offre de jolies couleurs lors des périodes de floraison (primevères, rhododendron luteum, lys…). La faune, quant à elle, reste classique avec la présence de quelques renards, lièvres, faisans, sangliers et oiseaux, dont des corbeaux qui nichent dans les falaises. Une autre activité très appréciée ici est la cuisson des chachliks (grillades caucasiennes) lors d’un pique-nique en famille ou entre amis, la voiture garée à côté. Les amateurs de moto-cross, de quad sont également présents sur certaines parties.


Le monastère et son église
De nombreuses personnes viennent également au monastère orthodoxe. Ce dernier, créé au début du XXe siècle, avait été fermé pendant l’époque communiste mais a réouvert dans les années 1990. Une petite vingtaine de moine, vêtus de noirs et barbus, reçoivent les visiteurs en essayant de maintenir leur style de vie derrière une clôture qui protège une petite église et quelques bâtiments. Les inscriptions des moines, le plus souvent des citations de la bible, sont visibles sur certains chemins et donnent une petite dimension spirituelle aux promenades.


Et pour finir, voici une vidéo sur les randonnées et les randonneurs du Beshtau en hiver et une galerie d'image sur le mont (les 2 en russe) 

Cliquez ICI pour accéder à la galerie d'images




B. Imhoff

vendredi 8 mars 2013

Interview du doyen de la fac de français par le magazine francophone ZigZag

Cette semaine, nous vous proposons l'interview du doyen de la fac de français de Pyatigorsk Alexandre Pavlovitch Moiseev réalisé par le magazine francophone ZigZag à la suite d'une petite rencontre avec le blog.

cliquez ICI pour lire l'article

Bonne lecture et bonne découverte de ce magazine dédié à la francophonie!


vendredi 22 février 2013